PARLER VRAI POUR AGIR VRAI
Depuis trop longtemps déjà et à chaque congrès sont énumérés dans de longs textes des discours sur notre société et les remèdes que nous socialistes devrions apporter .Mais ces textes se diluent dans la réalité et sont rarement suivis d’effets ; Les socialistes pu gagner en 97 parce que l’alternance était souhaitée par les Français, mais aussi parce que Lionel Jospin a su faire des propositions claires et précises.
Il ressort des assemblées générales de militants de gauche une volonté de parler vrai, qui prend en compte la crise majeure de notre société, sans pour autant promettre le grand soir et les vieilles lunes. Il s’agit au contraire d’avoir des propositions concrètes et réalistes pour exercer le pouvoir.
Pour notre part, nous souhaitons apporter notre concours dans trois domaines, celui des institutions et de la démocratie politique, celui de l’économie et celui de la formation professionnelle.
Démocratie et politique.
Les Français se désintéressent de la politique et ne croient plus aux promesses, car elles sont proférées lors des campagnes et rarement tenues par des hommes politiques, sur la scène depuis de nombreuses années.
Ceux-ci survivent généralement aux tensions internes, dont il est largement fait état dans les médias: Rien ne change donc aux yeux des Français. Ces derniers, auxquels la classe politique reproche souvent de ne pas comprendre les messages, ne reprendront confiance dans le personnel politique que si cette classe politique s’élargit et est renouvelée régulièrement.
Ils prêteront ainsi, du fait d’une proximité plus grande car davantage relayée et étendue par un plus grand nombre d’élus, une écoute plus attentive aux problèmes quotidiens que les Français rencontrent et qui échappent trop souvent à cette catégorie d’hommes politiques qui s’affiche en oligarchie.
De grâce, cessons d’évoquer le statut de l’élu et faisons le ! :
Proposons de créer un système de congé mandat et de sécurité sociale pour les élus : Le non cumul strict des mandats exécutifs doit tendre en effet à devenir une véritable règle. L’exercice d’une responsabilité exécutive devra être limité à deux mandatures pour assurer au fil des années un renouvellement automatique du personnel politique et favoriser l’entrée sur la scène politique de nouvelles personnalités en relation avec les réalités de terrain.
C’est à ce prix que nos concitoyens redonneront leur confiance aux femmes et aux hommes politiques, devenus beaucoup plus disponibles dans la gestion de leur collectivité.
Dans combien de réunions n’avons-nous pas constaté l’indisponibilité des élus, trop occupés pour assumer pleinement leurs responsabilités ?
Pour cela, la politique doit changer : elle doit donner des gages.
La France est en voie de grande difficulté sociale.
Nous allons vers une disparition des classes moyennes et la fracture sociale n’est pas un gadget de sociologue.
On ne peut plus vivre aujourd’hui avec 1000 € net par mois. La crise économique, la hausse des prix dû l’euro, l’indice des prix du marché locatif, les fermetures massives d’entreprises ont affaibli les ménages.
Un décalage s’est opéré entre les bas salaires et les nouveaux besoins de notre société, tournés vers les loisirs, le numérique et les communications.
Le moment est venu d’opérer massivement un rattrapage sur les bas salaires de la même manière qu’en 1968.
Depuis 20 ans, sous couvert de crise et d’efforts collectifs, un retard important à été pris par les petits salaires pendant que progressaient de manière souvent honteuse les revenus du capital. En 2004 les salariés payés au Smig ont augmenté de 14% !
La mise en place de l’euro a eu pour effet d’accentuer le sentiment de faible pouvoir d’achat : Un effet pervers qui symboliquement divise les revenus et les prix par 6 ,5.
Par exemple, les consommateurs ont le mauvais réflexe devant un produit à 12€50 de se dire : « ce n’est pas cher je l’achète ». Dépensions nous aussi facilement 82 Frs ?
Les économies anglaises et américaines se sont dotées d’un billet de 1 dollar et de 1 livre qui symbolise bien mieux la valeur de l’argent alors que nous n’avons que des pièces, « de la ferraille », jusqu'à 5 €. Cette notion de valeur joue un rôle essentiel dans notre économie et nous devrions proposer à la banque centrale européenne d’instaurer un billet de 1 euro.
L’indice de la construction qui sert de référence pour la fixation des prix des loyers a vu sont taux augmenter de + de 10 % en deux ans : Les locataires particuliers et professionnels sont ponctionnés énormément depuis plusieurs années .L’indice vient d’être atténué pour janvier 2006 mais cela ne suffira pas.
Nous devons impérativement penser un blocage des loyers sur 5 ans pour calmer cette envolée qui touche les plus défavorisés et pénalise les entreprises.
Une politique de relance de la consommation doit être menée par une augmentation de 30% du salaire minimum.
Cette mesure doit être accompagnée d’une exonération de charges sur les salaires jusqu'à 1500€ pour les petites entreprises employant jusqu’à 10 salariés et de moitié jusqu'à 20 salariés.
Les charges sociales doivent être réparties sur la valeur ajoutée et non sur les seuls salaires, c’est la garantie d’une véritable égalité entre les entreprises qui ont recours à plus de salariés et celles qui emploient peu et profitent beaucoup. A cet effet la CSG doit retrouver sa fonction première de remplacement des charges sociales en élargissant l’assiette de prélèvement.
Pourquoi une entreprise de travaux publics de 50 personnes supporterait-elle plus de charges sociales qu’un cabinet d’affaires de 3 personnes faisant plus de chiffre d’affaire, alors que la notion de charges sociales, d’emploi et de partage du travail doit nous guider vers des solutions d’embauche ?
La relance de la consommation doit être accompagnée d’une baisse de la TVA à 15,6%. : Une nécessité pour relancer la consommation en enclenchant une baisse des prix.
Les hurlements des timorés et des ringards de l’économie ne seront rien par rapport au formidable boom de consommation et d’activité provoqué par ces mesures engendrant nécessairement une baisse du chômage, un équilibre des comptes sociaux et des rentrées fiscales évidentes.
Nous ne pensons pas que nous puissions revenir au pouvoir sans proposer dans ce domaine une piste forte et en rupture avec les discours précédents .Ces propositions sont réalistes et doivent être mises en place de manière simultanée pour provoquer un choc massif dans notre pays. Ayons ceci à l’esprit : Qui peu vivre décemment avec 1000 € par mois ?
De même faut-il encourager le travail sans dévaloriser la personne : il est actuellement plus rémunérateur pour un cadre supérieur de prolonger son chômage et de percevoir des indemnités proches de son salaire que de rechercher un emploi qui le maintiendra à un niveau de salaire bien inférieur à celui connu précédemment.
Nous, socialistes, devons redonner confiance à une population qui est entretenue dans l’angoisse, dont les craintes sont stigmatisées au lieu d’être apaisées. Ainsi, la peur de perdre son statut, de baisser son niveau de vie, de régresser dans l’échelle sociale l’emporte-elle quelquefois sur l’ardeur à accepter un emploi moins rémunéré.
Pour stimuler la demande et éviter des ultimatums retrouver un emploi mais baisser son niveau de vie- il pourrait être envisagé de proposer des périodes d’essai durant lesquelles ces cadres, acceptant un salaire inférieur à celui qu’ils percevaient jusqu’alors, pourraient s’engager dans une activité sans que leur embauche soit considérée comme définitive de leur part.
Ainsi auraient-ils le temps de comparer intérêt pour leur travail et rémunération et de mesurer la situation en termes de perspectives d’évolution.
Au terme de cette période et dans le cas d’une insatisfaction, ils pourraient à nouveau prétendre aux Assédic et bénéficier de leur précédent traitement. En contre partie de cette mesure, il serait souhaitable d’imposer un «essai » d’emploi à l’issue de trois propositions rejetées.
Education et formation professionnelle
La formation professionnelle ne peut être confiée aux seules entreprises qui détermineraient alors les bassins d’emploi et les branches prometteuses au détriment d’une culture générale qui ne peut se réduire à la communication, au savoir bien parler et écrire, tant réclamé par les entreprises, mais doit donner aux jeunes les moyens de s’informer, de se cultiver mais aussi d’exercer leur sens critique.
Force est cependant de constater que cette formation professionnelle ne peut pas exister sans le soutien des entreprises qui doivent jouer un rôle moteur dans la reconnaissance de la formation.
Il doit exister une véritable collaboration entre les entreprises et les enseignants chargés des matières professionnelles. Les entreprises doivent être en mesure de proposer aux enseignants des périodes de formation continue afin que leur enseignement ne soit pas en décalage avec la réalité économique.
Parallèlement, les jeunes, souvent en perte de confiance lorsqu’ils intègrent un lycée professionnel, dévalorisé par certains parents et par certains enseignants du collège, sont la plupart du temps confrontés à des discriminations ou à des refus lorsque s’annonce pour eux la période de recherche de stage, partie pourtant intégrante de leur apprentissage.
Les entreprises doivent aider à renforcer la fiabilité des lycées professionnels et leur crédit aux yeux du public et contribuer à les promouvoir. Cela signifie qu’elles ont des efforts à faire en matière de communication sur le partenariat entreprise/lycée, sur l’adéquation de la formation aux besoins, qu’elles doivent médiatiser l’intérêt de ces formations et les valoriser. Elles doivent également s’investir en matière de recrutement des jeunes et ne pas barrer le chemin à des stagiaires, futurs collaborateurs de ces mêmes entreprises.
Elles doivent pour cela respecter un contrat, celui de s’engager à former des stagiaires de courte durée (1 à 2 mois) et de longue durée (système en alternance sur 2 ans) et à les indemniser systématiquement sur une base minimum fixée pour toutes. Elles seraient incitées dans cette démarche en étant exonérées des charges sociales pour le stagiaire ou d’un abattement de taxe professionnelle, ce qui constituerait une contre partie efficace et motivante pour assurer le suivi du jeune en entreprise.
Une véritable politique volontariste doit être menée dans ce domaine pour que les entreprises citoyennes soient encouragées.
Au lieu de cela, la droite vient de faire cadeau d’un plafonnement de la taxe professionnelle d’une valeur de 1,3M€ pour les 50 000 plus grosses entreprises alors qu’une entreprise sur deux a moins de dix salariés : Ce sont-elles qui doivent mobiliser nos efforts. C’est ce manque de connaissance des entreprises qui a plombé la belle idée des 35 heures en créant des salariés à deux vitesses.
JOELLE SECHAUD -Secrétaire de Section -Oullins
GILLES POMMATEAU- Conseiller Municipal – Oullins
D'après eux